Conditions générales d'expert-comptable (modèle)

Mis à jour le 6 août 2026

En France, la relation entre un cabinet d'expertise comptable et son client repose sur deux documents complémentaires. La lettre de mission décrit la mission confiée, son étendue et les honoraires ; les conditions générales, qui lui sont annexées, portent tout ce qui ne change pas d'un client à l'autre : facturation, restitution des documents, responsabilité, confidentialité, protection des données, fin de mission.

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Conditions générales

Les présentes conditions générales sont celles de (« le cabinet »), version , applicables à compter du . Elles sont annexées à chaque lettre de mission et s'appliquent à l'ensemble des missions confiées au cabinet, sauf convention écrite contraire. Le client les accepte en signant la lettre de mission qui s'y réfère. En cas de contradiction entre la lettre de mission et les présentes conditions générales, la lettre de mission prévaut.

Cabinet:
Forme d'exercice:
Conseil régional de l'ordre:
Assurance de responsabilité civile professionnelle:
Applicables à compter du:

1. Cadre professionnel

Le cabinet est inscrit au tableau de l'ordre des experts-comptables et relève du . Il exerce dans le respect du code de déontologie des professionnels de l'expertise comptable et des normes professionnelles applicables, et il est couvert par une assurance de responsabilité civile professionnelle souscrite auprès de .

Une lettre de mission est établie avant le début des travaux, conformément aux obligations déontologiques du cabinet. Seules les missions décrites dans cette lettre entrent dans le champ des travaux confiés ; toute mission complémentaire fait l'objet d'une lettre de mission modifiée ou d'une lettre distincte.

FacultatifLe cabinet réalise des missions d'assurance

2. Obligations du client

Le client remet au cabinet, en temps utile, l'ensemble des pièces, documents et informations nécessaires à l'exécution de la mission, et répond aux demandes du cabinet dans des délais compatibles avec les échéances déclaratives. Il est responsable de l'exactitude et de l'exhaustivité de ce qu'il transmet ainsi que de la conservation de ses propres pièces. Le cabinet travaille sur la base des éléments communiqués et ne procède pas à leur vérification, sauf si la lettre de mission le prévoit expressément. Le client informe le cabinet de tout changement de situation susceptible d'avoir une incidence sur la mission.

3. Honoraires, débours et retard de paiement

Les honoraires et leur base de calcul sont fixés dans la lettre de mission. Les débours engagés pour le compte du client sont facturés en sus. Toute prestation excédant le périmètre convenu est signalée au client avant son exécution et fait l'objet d'un accord sur les honoraires correspondants.

Les factures sont payables dans un délai de jours à compter de leur date. Le client qui estime qu'une facture n'est pas justifiée le fait savoir par écrit dans un délai de jours suivant sa réception ; passé ce délai, la facture est réputée acceptée. Le client peut également saisir le conseil régional de l'ordre d'un différend relatif aux honoraires.

En cas de retard de paiement, des intérêts de retard sont dus au taux de % par an à compter du jour suivant la date d'échéance, ainsi qu'une indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement d'un montant de , conformément au régime applicable aux relations entre professionnels.

FacultatifInsérer une caution personnelle

4. Restitution des documents

Les documents remis par le client lui appartiennent. Le cabinet les lui restitue sur demande, y compris en présence d'honoraires impayés : la rétention des pièces appartenant au client n'est pas admise. Cela concerne notamment les factures, contrats, relevés, justificatifs et fichiers sources.

Le cabinet conserve la propriété des travaux qu'il a réalisés. Lorsque des honoraires demeurent impayés, le cabinet peut, dans les limites fixées par les textes professionnels, différer la remise des seuls travaux qu'il a établis, et uniquement au titre de la mission dont ces travaux sont issus. Le cabinet n'exerce pas cette faculté lorsqu'elle causerait au client un préjudice disproportionné, notamment s'il en résultait l'impossibilité de satisfaire à une obligation déclarative. Le cabinet informe le président de son conseil régional de l'ordre de tout différend contractuel le conduisant à envisager une telle mesure.

5. Conservation des dossiers

Le client conserve ses propres pièces pendant les durées prévues par les règles comptables et fiscales qui lui sont applicables ; cette obligation lui incombe et ne se confond pas avec la politique d'archivage du cabinet. Le cabinet conserve ses dossiers et travaux pendant années, à l'issue desquelles il peut les détruire, et il en informe le client au moins jours à l'avance lorsqu'il détient des éléments appartenant à celui-ci.

6. Secret professionnel et indépendance

Le cabinet est tenu au secret professionnel. Les informations qui lui sont confiées ne sont divulguées que dans les cas où la loi l'impose ou l'autorise, ou lorsque le client y a expressément consenti. Les contrôles de qualité auxquels le cabinet est soumis sont réalisés par des professionnels tenus aux mêmes obligations.

Le cabinet peut intervenir pour d'autres clients dont les intérêts sont concurrents de ceux du client. Il informe celui-ci dès qu'il a connaissance d'un conflit le concernant, sauf si le secret dû à un autre client l'en empêche, et met en place des mesures de séparation appropriées. Lorsqu'un conflit ne peut pas être traité en préservant les intérêts du client, le cabinet cesse d'exécuter les prestations concernées.

7. Obligations de vigilance

Le cabinet est soumis aux obligations de vigilance à l'égard de la clientèle applicables aux professionnels de l'expertise comptable. Il procède à l'identification et à la vérification de l'identité du client et, s'il y a lieu, du bénéficiaire effectif avant l'entrée en relation d'affaires, et maintient cette vigilance pendant toute la durée de la relation. À défaut d'éléments satisfaisants, le cabinet ne peut pas exécuter la mission. Le cabinet est en outre susceptible d'avoir à effectuer une déclaration auprès de l'organisme compétent en matière de lutte contre le blanchiment ; il ne peut alors pas en informer le client, et ne peut pas échanger avec lui sur ce point.

8. Protection des données personnelles

Le cabinet traite des données personnelles concernant le client, ses dirigeants, ses salariés et ses interlocuteurs afin d'exécuter la mission et pour les finalités qui s'y rattachent, notamment la tenue de ses dossiers, le respect de ses obligations légales et professionnelles et le contrôle de qualité. Pour ses propres traitements, le cabinet agit en qualité de responsable de traitement. Le client s'assure de disposer d'une base légale avant de transmettre des données personnelles au cabinet et d'avoir informé les personnes concernées. Les demandes d'accès, de rectification ou d'opposition peuvent être adressées à .

Les données sont hébergées et consultées au sein de l'Union européenne. Le cabinet informe le client préalablement à toute évolution sur ce point.

FacultatifMentionner la sous-traitance et les outils hébergés

9. Sous-traitance et outils hébergés

Le cabinet peut recourir à des prestataires et à des outils hébergés pour l'exécution de la mission, notamment : . Il impose à ces prestataires des obligations de confidentialité équivalentes à celles de ses propres collaborateurs et demeure responsable de la mission à l'égard du client. Le client qui souhaite connaître les catégories de prestataires concernées par son dossier peut en faire la demande au cabinet.

10. Responsabilité

Le cabinet exécute ses missions avec la diligence et le soin qu'imposent les normes professionnelles. Sa responsabilité ne peut être engagée à raison d'un préjudice résultant d'informations inexactes, incomplètes ou tardives communiquées par le client ou par des tiers, du défaut de communication d'une information, ou de l'absence de suite donnée par le client aux recommandations du cabinet ou aux demandes de l'administration.

Sous réserve du paragraphe suivant, la responsabilité du cabinet au titre d'une mission est plafonnée à fois le montant des honoraires facturés pour cette mission.

Aucune stipulation des présentes conditions ne limite la responsabilité du cabinet en cas de faute lourde ou de dol, ni dans les cas où la loi interdit une telle limitation. Les travaux du cabinet sont établis pour le seul usage du client et n'engagent pas le cabinet à l'égard des tiers auxquels le client les communiquerait.

11. Communications électroniques et coordonnées bancaires

Sauf indication contraire du client, le cabinet communique par voie électronique. Les messages électroniques peuvent être interceptés, altérés ou retardés, et le cabinet ne répond pas des modifications apportées à un message après son envoi ni des difficultés liées à ce mode de communication. Il appartient au destinataire de vérifier les pièces jointes.

Le cabinet ne modifie jamais ses coordonnées bancaires par simple courrier électronique ou appel téléphonique. Tout message paraissant émaner du cabinet et modifiant ses coordonnées bancaires sans confirmation par courrier postal doit être considéré comme frauduleux : le client appelle le cabinet sur un numéro qu'il détient déjà avant tout paiement. Le client communique ses propres coordonnées bancaires par un second canal, et le cabinet vérifie oralement toute modification.

12. Durée, résiliation et fin de mission

Chaque partie peut mettre fin à la mission en respectant un préavis de mois avant la clôture de l'exercice, notifié par lettre recommandée avec avis de réception. Chaque partie peut également y mettre fin sans délai en cas de manquement grave de l'autre non régularisé dans un délai de jours suivant une mise en demeure, ainsi qu'en cas d'ouverture d'une procédure collective à l'égard du client ou de défaut de paiement des honoraires échus.

À l'issue de la mission, le cabinet établit une lettre de fin de mission récapitulant les travaux achevés, les travaux restant à accomplir et les obligations à venir qui n'entrent plus dans son périmètre. Lorsque le client confie sa comptabilité à un confrère, le successeur prend contact avec le cabinet avant d'accepter la mission ; le cabinet répond à cette demande dans le respect du secret professionnel et sous réserve de l'autorisation du client.

13. Droit applicable

Les présentes conditions générales et chaque mission sont soumises au droit français. Le est compétent pour connaître de tout litige s'y rapportant. Si une stipulation était réputée non écrite, les autres stipulations conserveraient leur plein effet.

La lettre de mission est obligatoire, et les conditions générales n'en sont que l'annexe

L'obligation d'établir une lettre de mission avant de commencer les travaux figure à l'article 151 du code de déontologie des professionnels de l'expertise comptable. Ce n'est pas une bonne pratique parmi d'autres : c'est une règle déontologique, et le Conseil national de l'ordre publie des modèles pour l'accompagner. Un cabinet qui travaille sans lettre de mission signée n'est pas seulement exposé commercialement, il est en dehors de ses obligations professionnelles.

Les conditions générales n'ont donc pas vocation à se substituer à la lettre de mission mais à la compléter. C'est une distinction qui a des conséquences pratiques : la lettre porte l'étendue de la mission et le montant des honoraires, les conditions générales portent le régime contractuel, et il faut dire lequel des deux l'emporte en cas de contradiction. Ce modèle indique que la lettre de mission prévaut, parce que c'est elle qui a été négociée pour ce client précis.

Il faut aussi préciser comment les conditions générales sont acceptées. Elles le sont normalement par la signature de la lettre de mission qui les annexe et s'y réfère expressément. Le dire dans le document évite d'entendre plus tard qu'un client a reçu une annexe qu'il n'a jamais approuvée.

Le droit de rétention français est beaucoup plus étroit qu'ailleurs — et il s'accompagne d'une obligation d'information de l'Ordre

C'est le point sur lequel un modèle traduit d'un document britannique ou américain devient franchement dangereux. La règle française n'est ni celle du Royaume-Uni, où le cabinet dispose d'un privilège général sur les pièces qu'il détient, ni celle des États-Unis, où la rétention des documents remis par le client est purement et simplement interdite.

En droit français, le droit de rétention de l'expert-comptable repose sur l'article 168 du décret n° 2012-432 du 30 mars 2012 relatif à l'exercice de l'activité d'expertise comptable, et il porte uniquement sur les travaux réalisés par le cabinet. Les documents qui appartiennent au client — pièces comptables, factures, contrats, justificatifs, fichiers sources — doivent lui être restitués sans discussion, même en présence d'honoraires impayés : les conserver constitue une faute.

Deux limites supplémentaires méritent de figurer noir sur blanc. D'une part, la rétention ne doit pas causer au client un préjudice disproportionné : si elle empêche l'entreprise de fonctionner ou de satisfaire à ses obligations fiscales, le juge peut ordonner la restitution. D'autre part, le professionnel doit informer le président du conseil régional de l'ordre dont il relève de tout différend contractuel qui le conduit à envisager de retenir les travaux effectués faute de paiement. Cette obligation d'information préalable n'a d'équivalent dans aucun des autres marchés que nous avons étudiés.

Ces conditions générales sont donc rédigées dans ce sens : restitution immédiate des pièces du client, rétention éventuelle limitée aux seuls travaux du cabinet et liée à la mission qui les a produits, et mention expresse de l'information du conseil régional.

Honoraires : ce qu'il faut écrire, et ce qu'il ne faut pas promettre

Les honoraires relèvent de la lettre de mission, mais les conditions générales portent le mécanisme : base de facturation, périodicité, débours, délai de règlement, délai de contestation d'une facture et intérêts de retard. Une clause de contestation bornée dans le temps est ce qui évite qu'une objection resurgisse des mois plus tard face à une facture impayée.

Pour les intérêts de retard entre professionnels, le droit français prévoit un taux d'intérêt légal applicable à défaut de stipulation contractuelle, ainsi qu'une indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement. Ce modèle demande donc un taux et rappelle l'indemnité forfaitaire, plutôt que de laisser la clause dans le vague — mais il distingue le client professionnel du client particulier, pour lequel le régime des retards de paiement entre entreprises ne s'applique pas.

Deux prudences de rédaction. Les honoraires ne peuvent pas être fixés en fonction du résultat obtenu d'une manière qui porterait atteinte à l'indépendance du professionnel, et une clause d'honoraires de résultat mérite d'être vérifiée au regard des règles déontologiques avant d'être insérée. Et une clause de reconduction tacite doit rester lisible : face à un client non professionnel, une reconduction automatique mal encadrée est exactement le type de stipulation qui se retourne contre le cabinet.

Secret professionnel, RGPD et lutte contre le blanchiment : trois régimes distincts

L'expert-comptable est tenu au secret professionnel, ce qui est plus exigeant qu'une simple obligation contractuelle de confidentialité : le secret s'impose au professionnel lui-même, et les conditions générales ne peuvent pas y déroger par une clause de communication trop large. Elles doivent au contraire réserver les cas où la loi impose ou autorise la divulgation.

Le RGPD gouverne le traitement des données personnelles. Le point qui fait défaut à beaucoup de conditions générales est la qualification : le cabinet est le plus souvent responsable de traitement pour ses propres traitements, et non simple sous-traitant du client, et cette qualification détermine qui répond de quoi. Ce modèle la précise et prévoit un contact pour l'exercice des droits, ainsi qu'une mention sur le recours à des prestataires et à des outils hébergés.

La lutte contre le blanchiment est un troisième régime, souvent confondu avec les deux premiers. Les professionnels de l'expertise comptable sont assujettis aux obligations de vigilance à l'égard de la clientèle et, le cas échéant, à la déclaration de soupçon auprès de TRACFIN. Deux conséquences concrètes pour les conditions générales : l'identification du client doit être achevée avant l'entrée en relation d'affaires, et le professionnel ne peut pas informer le client d'une déclaration de soupçon le concernant. Cette dernière phrase surprend les clients ; il vaut mieux qu'ils l'aient lue à froid.

Fin de mission : le préavis se compte par rapport à la clôture, pas par rapport à la date du courrier

La pratique française attache le préavis de résiliation au calendrier comptable plutôt qu'à la date d'envoi de la lettre : les lettres de mission prévoient couramment un préavis de trois mois avant la clôture de l'exercice, notifié par lettre recommandée avec avis de réception. C'est une convention utile, parce qu'elle évite qu'une mission s'interrompe au milieu d'un exercice dont personne ne pourra ensuite établir les comptes proprement.

Ces conditions générales font donc du préavis un champ à renseigner, exprimé en mois avant la clôture, et retiennent la lettre recommandée avec avis de réception comme mode de notification. Elles renvoient également à la lettre de fin de mission, qui est le document où les travaux achevés, les travaux restants et les obligations à venir doivent être récapitulés.

Enfin, la reprise du dossier par un confrère suppose des relations entre professionnels : le successeur s'informe auprès du prédécesseur avant d'accepter, et le prédécesseur répond. Le préciser dans les conditions générales prépare le client à donner l'autorisation nécessaire au moment du départ.

Les clauses, expliquées

Objet, articulation avec la lettre de mission et acceptation
Précise que les conditions générales sont annexées à chaque lettre de mission, comment elles sont acceptées, et que la lettre de mission prévaut en cas de contradiction.
Inscription à l'ordre et assurance
Identifie le cabinet, son inscription au tableau de l'ordre et le conseil régional dont il relève, ainsi que la couverture d'assurance de responsabilité civile professionnelle.
Obligations du client
Remise des pièces complètes et en temps utile, exactitude des informations transmises, et information du cabinet sur les changements de situation — le cabinet travaille sur ce qu'on lui donne et ne le vérifie pas.
Honoraires, débours et retard de paiement
Base de facturation, périodicité, débours, délai de règlement, délai de contestation d'une facture, taux d'intérêt de retard et, pour les clients professionnels, indemnité forfaitaire de recouvrement.
Restitution des documents et rétention limitée
Restitution immédiate des pièces appartenant au client, y compris en cas d'impayé ; rétention éventuelle limitée aux seuls travaux réalisés par le cabinet et liée à la mission qui les a produits ; information du président du conseil régional de l'ordre en cas de différend conduisant à l'envisager.
Conservation des dossiers
Durée pendant laquelle le cabinet conserve ses dossiers et travaux, et destruction précédée d'un préavis — distinguée de l'obligation propre au client de conserver ses propres pièces.
Secret professionnel
Le secret professionnel auquel le cabinet est tenu, plus exigeant qu'une clause de confidentialité, avec réserve des cas où la loi impose ou autorise la divulgation.
Protection des données personnelles
Qualification du cabinet comme responsable de ses propres traitements, finalités, contact pour l'exercice des droits, recours à des prestataires et outils hébergés, et localisation des données.
Obligations de vigilance et déclaration de soupçon
Identification du client avant l'entrée en relation d'affaires, actualisation de la vigilance, et impossibilité pour le cabinet d'informer le client d'une déclaration de soupçon le concernant.
Indépendance et conflits d'intérêts
Gestion des missions concurrentes, mesures de séparation, et arrêt de la mission lorsqu'un conflit ne peut pas être traité en préservant les intérêts du client.
Responsabilité (clause optionnelle de plafonnement)
Plafond exprimé en montant, en multiple des honoraires ou en honoraires effectivement réglés, avec les exclusions qui ne peuvent pas être écartées — à vérifier au regard des règles déontologiques applicables au cabinet.
Sous-traitance et outils hébergés (clause optionnelle)
Recours à des prestataires et à des solutions hébergées, obligations de confidentialité imposées, et information du client sur les catégories de prestataires concernées.
Durée, résiliation et fin de mission
Préavis exprimé en mois avant la clôture de l'exercice, notification par lettre recommandée avec avis de réception, cas de résiliation immédiate, et renvoi à la lettre de fin de mission.
Droit applicable et règlement des différends
Droit français, tribunal compétent, et rappel de la possibilité de saisir le conseil régional de l'ordre d'un différend relatif aux honoraires.

Les règles à respecter

Vérifiez la version en vigueur des textes et les positions de votre conseil régional avant d'utiliser ce modèle.

  • Établir une lettre de mission avant de commencer les travaux

    L'article 151 du code de déontologie des professionnels de l'expertise comptable impose la lettre de mission, à laquelle les conditions générales sont annexées. Le Conseil national de l'ordre et les conseils régionaux publient des modèles ; les conditions générales ne remplacent pas la lettre de mission mais la complètent.

    Légifrance — code de déontologie des professionnels de l'expertise comptable
  • Restituer sans délai les documents appartenant au client

    Les pièces remises par le client — factures, contrats, justificatifs, fichiers sources — doivent lui être restituées même en cas d'honoraires impayés, leur conservation constituant une faute. Le droit de rétention prévu par l'article 168 du décret n° 2012-432 du 30 mars 2012 ne porte que sur les travaux réalisés par le cabinet, et seulement pour obtenir le paiement des travaux ayant servi à établir les documents retenus.

    Ordre des experts-comptables Pays de la Loire — exercer son droit de rétention
  • Informer le président du conseil régional avant d'envisager une rétention

    Le professionnel doit informer le président du conseil régional de l'ordre du ressort dans lequel il est inscrit de tout différend contractuel le conduisant à envisager de retenir les travaux effectués en raison du non-paiement des honoraires. La rétention ne doit par ailleurs pas causer un préjudice disproportionné à l'activité du client : si elle l'empêche de satisfaire à ses obligations, le juge peut ordonner la restitution.

    SVP — périmètre du droit de rétention de l'expert-comptable
  • Achever l'identification du client avant l'entrée en relation d'affaires

    Les professionnels de l'expertise comptable sont assujettis aux obligations de vigilance à l'égard de la clientèle et, le cas échéant, à la déclaration de soupçon auprès de TRACFIN. L'identification et la vérification de l'identité du client et, s'il y a lieu, du bénéficiaire effectif doivent être achevées avant l'entrée en relation d'affaires et la vigilance maintenue pendant toute sa durée. Le professionnel ne peut pas informer le client d'une déclaration de soupçon le concernant.

    TRACFIN
  • Qualifier correctement le traitement des données personnelles

    Le cabinet est en règle générale responsable de traitement pour ses propres traitements, et non simple sous-traitant du client. Cette qualification détermine les obligations de chacun, les mentions d'information à fournir et le circuit d'exercice des droits, et elle doit figurer dans les conditions générales plutôt que rester implicite.

    CNIL
  • Distinguer client professionnel et client particulier pour les pénalités de retard

    Le régime des retards de paiement entre entreprises, qui prévoit un taux d'intérêt applicable à défaut de stipulation et une indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement, ne s'applique pas à un client particulier. Une clause de pénalités rédigée sans cette distinction est inutilisable pour une partie de la clientèle du cabinet.

Comment utiliser ce modèle

  1. Identifier le cabinet. Dénomination, forme, conseil régional de l'ordre dont vous relevez, assureur de responsabilité civile professionnelle, date d'effet et référence de version.
  2. Indiquer la nature du client. Professionnel ou particulier. Ce choix détermine la clause de pénalités de retard et l'indemnité forfaitaire de recouvrement.
  3. Renseigner les délais et les taux. Délai de règlement, délai de contestation d'une facture, taux d'intérêt de retard, durée de conservation de vos dossiers et préavis avant destruction.
  4. Fixer le préavis de résiliation. Exprimé en mois avant la clôture de l'exercice, conformément à la pratique française, et non en jours à compter du courrier.
  5. Activer uniquement les clauses utiles. Missions d'assurance, sous-traitance et outils hébergés, plafonnement de responsabilité et caution personnelle sont des options distinctes.
  6. Annexer les conditions à votre lettre de mission. Les conditions générales sont acceptées par la signature de la lettre de mission qui s'y réfère : les deux documents doivent partir ensemble. Téléchargez en Word pour continuer à les modifier, ou en PDF pour les envoyer.

Questions fréquentes

La lettre de mission est-elle obligatoire pour un expert-comptable ?

Oui. L'obligation d'établir une lettre de mission avant de commencer les travaux figure à l'article 151 du code de déontologie des professionnels de l'expertise comptable, et le Conseil national de l'ordre publie des modèles pour l'accompagner. C'est une position plus contraignante qu'au Royaume-Uni, où la lettre de mission relève de la bonne pratique recommandée par l'institut professionnel, ou qu'aux États-Unis, où elle est présentée comme un outil de maîtrise du risque.

Les conditions générales remplacent-elles la lettre de mission ?

Non, elles la complètent. La lettre de mission porte l'étendue de la mission et les honoraires pour un client donné ; les conditions générales portent le régime contractuel commun à tous les dossiers. Il faut dire lequel des deux documents prévaut en cas de contradiction : ce modèle retient la lettre de mission, parce que c'est elle qui a été établie pour ce client précis.

Puis-je conserver les documents de mon client en cas d'honoraires impayés ?

Pas les documents qui lui appartiennent. Les pièces remises par le client — factures, contrats, justificatifs, fichiers sources — doivent lui être restituées même en présence d'impayés, et les conserver constitue une faute. Le droit de rétention fondé sur l'article 168 du décret du 30 mars 2012 ne porte que sur les travaux réalisés par le cabinet, et seulement pour obtenir le paiement des travaux ayant servi à établir ces documents. Il ne doit pas causer au client un préjudice disproportionné.

Faut-il prévenir l'ordre avant d'exercer un droit de rétention ?

Oui, et c'est une particularité française. Le professionnel doit informer le président du conseil régional de l'ordre du ressort dans lequel il est inscrit de tout différend contractuel le conduisant à envisager de retenir les travaux effectués faute de paiement. Aucun des autres marchés étudiés pour ce modèle ne prévoit une information préalable de l'institution professionnelle.

Quel préavis prévoir pour mettre fin à une mission ?

La pratique française rattache le préavis au calendrier comptable plutôt qu'à la date d'envoi du courrier : les lettres de mission prévoient couramment un préavis de trois mois avant la clôture de l'exercice, notifié par lettre recommandée avec avis de réception. Ce modèle en fait un champ à renseigner, exprimé en mois avant la clôture, ce qui évite qu'une mission s'arrête au milieu d'un exercice dont plus personne ne pourra établir les comptes.

Le cabinet est-il responsable de traitement ou sous-traitant au sens du RGPD ?

En règle générale responsable de traitement pour ses propres traitements, et non simple sous-traitant du client. C'est la qualification que ce modèle retient, parce qu'elle détermine qui répond de quoi, quelles mentions d'information doivent être fournies et comment les demandes d'exercice des droits sont traitées. Beaucoup de conditions générales laissent ce point implicite, ce qui est précisément ce qui pose problème en cas de contrôle.

Puis-je prévoir que mon client sera informé si je fais une déclaration de soupçon ?

Non, l'inverse. Les professionnels de l'expertise comptable sont assujettis aux obligations de vigilance et, le cas échéant, à la déclaration de soupçon auprès de TRACFIN, et le professionnel ne peut pas informer le client d'une déclaration le concernant. Le dire dans les conditions générales, à froid, évite d'avoir à l'expliquer dans un moment beaucoup moins confortable.

Combien de temps dois-je conserver les dossiers ?

Il faut distinguer deux obligations. Celle du client porte sur ses propres pièces et découle des règles comptables et fiscales qui lui sont applicables. Celle du cabinet porte sur ses dossiers et travaux et relève de sa politique interne, éclairée par les délais de prescription applicables à sa responsabilité. Ce modèle en fait un champ à renseigner et soumet la destruction à un préavis, afin que le client puisse récupérer ce qui lui revient.

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Avertissement

Ce modèle et ce guide sont fournis à titre d'information générale et ne constituent ni un conseil juridique ni un avis déontologique. Les règles professionnelles, les obligations de vigilance et le régime de protection des données évoluent et dépendent de la situation de chaque cabinet. Vérifiez la position de votre conseil régional de l'ordre et faites relire vos conditions générales avant de les remettre à vos clients.