Simulateur d'affacturage

Calculez la quotité financée, le fonds de garantie, la commission d'affacturage et le coût réel annualisé — puis suivez votre encours disponible et les délais de recours.

Ce que ce simulateur calcule, et que ceux des factors ne calculent pas

Presque tous les simulateurs d'affacturage en ligne appartiennent à un factor ou à un courtier. Tous font la même opération courte : montant de la facture multiplié par un taux de commission. Il manque exactement les deux éléments qui désorganisent la trésorerie en pratique.

Le premier est le calendrier. L'affacturage verse deux fois, pas une : le financement d'abord, puis le fonds de garantie diminué des commissions, lorsque votre client paie effectivement. Ce sont deux encaissements distincts, souvent séparés de six à dix semaines. Les additionner en une seule ligne de prévisionnel revient à compter sur une trésorerie qui n'existe pas à cette date.

Le second est le délai de recours. Si votre client ne règle pas dans le délai prévu, la créance sort de la base de financement. Rien ne rejette, aucun courrier n'arrive : le montant disponible dans l'espace client du factor diminue, simplement. L'onglet « Suivi de l'encours » reconstitue ce calcul à partir de votre propre balance clients.

Affacturage ou cession Dailly : deux mécanismes différents

En France, deux dispositifs permettent de mobiliser des créances, et on les confond souvent.

L'affacturage repose sur la subrogation : vous cédez la créance au factor, qui la finance et, selon le contrat, prend en charge le recouvrement et la garantie contre l'insolvabilité. C'est un service complet, avec une gestion du poste clients incluse et une facturation en deux commissions.

La cession Dailly (loi du 2 janvier 1981) est une cession de créances professionnelles à titre de garantie, mise en place par votre banque dans le cadre d'une ligne de crédit court terme. La banque avance des fonds contre bordereau, mais ne gère pas votre recouvrement et ne garantit généralement pas l'impayé : en cas de défaillance, la banque se retourne vers vous. Le coût affiché est souvent plus faible, mais le service rendu n'est pas le même.

En pratique : la Dailly convient si vous avez un poste clients sain et que vous voulez seulement de la trésorerie ponctuelle ; l'affacturage se justifie quand vous voulez externaliser le recouvrement, sécuriser le risque client ou déconsolider le poste clients.

Comment se construit le coût en France

Un contrat français comporte régulièrement deux commissions plus une retenue, ce qui rend toute comparaison sur un seul pourcentage trompeuse.

La commission d'affacturage rémunère le service : gestion du compte, relance, recouvrement et, en affacturage avec garantie, la couverture du risque d'insolvabilité. Elle s'exprime en pourcentage du chiffre d'affaires confié, généralement de 0,3 % à 2,5 %, et s'applique à toutes les factures remises, financées ou non.

La commission de financement correspond aux intérêts sur les sommes effectivement avancées, le plus souvent indexée sur l'Euribor 3 mois plus une marge, décomptée au jour près. C'est ici que la lenteur de vos clients se paie directement.

S'ajoutent le fonds de garantie — une retenue de 5 % à 15 % constituée progressivement et restituée en fin de contrat — ainsi que les frais de dossier, les frais par facture ou par acheteur, et les virements urgents. Choisissez « Commission d'affacturage + commission de financement » dans le simulateur et saisissez les frais fixes séparément : sur des factures de faible montant, ils pèsent plus que le taux.

Le coût annualisé, seule base de comparaison valable

1,8 % à côté d'un découvert à 8,5 % par an paraît avantageux. Les deux chiffres ne sont pas comparables : les 1,8 % achètent une soixantaine de jours de trésorerie, les 8,5 % en achètent une année.

Annualisez : coût total divisé par le montant réellement encaissé, multiplié par 365 divisé par le nombre de jours de mobilisation. Une facture de 50 000 € financée à 90 %, avec 0,8 % de commission d'affacturage et 6,5 % de commission de financement sur 60 jours, coûte environ 880 € — soit 1,8 % de la facture, mais près de 12 % par an. C'est ce chiffre qu'il faut placer à côté du taux de votre découvert.

Ce n'est pas un argument contre l'affacturage. La ligne grandit avec votre chiffre d'affaires sans renégociation, elle ne consomme pas vos garanties, la décision repose sur la solidité de vos clients plutôt que sur la vôtre, et l'affacturage avec garantie inclut une couverture du risque d'impayé qu'aucun découvert n'apporte. Mais il faut savoir ce que l'on compare, et le simulateur affiche les deux.

Délai de recours et délais de paiement légaux

Le délai de recours est la fenêtre pendant laquelle votre client doit payer avant que la créance ne cesse d'être financée. Comptez généralement de 60 à 120 jours, et les contrats français le calculent le plus souvent à partir de l'échéance, non de la date de facture. Avec un règlement à 45 jours fin de mois et un recours de 90 jours, on parle donc de bien plus de 120 jours après l'émission : raisonner à partir de la date de facture fait perdre un mois d'anticipation.

À l'expiration, la créance sort de la base : votre disponible baisse du montant de la facture multiplié par la quotité financée, et le financement est reprisé, généralement par compensation sur le prochain versement.

Rappel utile : la LME plafonne les délais de paiement entre professionnels à 60 jours à compter de la facture, ou 45 jours fin de mois si c'est convenu par contrat. Un client qui dépasse largement ces délais est non seulement un risque de trésorerie mais aussi en infraction, ce qui vous donne un argument de relance. Le tableau des délais classe vos factures par échéance de recours et chiffre le financement en jeu.

Comment votre factor calcule le disponible

Le montant affiché n'est pas votre encours multiplié par la quotité financée — d'où l'écart avec vos attentes. C'est une suite de déductions, et l'ordre compte.

On part des créances cédées non réglées. On en retire les créances non éligibles : au-delà du délai de recours, litigieuses et, selon le contrat, celles sur des sociétés liées, des débiteurs étrangers ou des acheteurs dépassant leur limite de couverture. Reste la base éligible.

On applique ensuite la limite de concentration par débiteur, souvent de 20 % à 30 %. L'excédent sort du financement. Point essentiel : la limite se calcule sur la base après retrait des non éligibles. Une facture échue chez un client A réduit la base et peut faire basculer un client B au-dessus du plafond de concentration — un seul événement, deux déductions.

Le solde est multiplié par la quotité financée, plafonné par votre contrat, puis diminué de l'encours déjà financé. C'est ce que vous pouvez mobiliser aujourd'hui. Le simulateur détaille chaque déduction avec son motif, ce que le relevé du factor ne fait pas.

Utilisation sans connexion bancaire — un choix assumé

Il n'y a ici aucune connexion bancaire ni interface avec le factor. En affacturage confidentiel, lire votre relevé n'aiderait d'ailleurs pas : vos clients règlent sur un compte dédié contrôlé par le factor, et votre relevé ne montre que des versements globalisés impossibles à rattacher à une facture précise.

Les deux sources qui répondent aux bonnes questions sont votre balance clients et un chiffre issu du relevé du factor. Donc : reportez une fois les conditions du contrat, importez vos factures ouvertes en CSV depuis Sage, Cegid, Pennylane ou Quickbooks (vous choisissez les colonnes après l'envoi) et saisissez l'encours financé actuel. Ensuite, marquez les factures réglées : quelques minutes par semaine.

L'outil apprend au fil de l'eau : dès que plusieurs factures sont marquées réglées, il calcule le délai moyen réel de chaque client et l'utilise pour la prévision. Un client à 45 jours contractuels qui règle en réalité à 68 jours sera projeté à 68 jours. Toutes les données restent dans ce navigateur ; la sauvegarde permet de changer d'appareil.

Conditions courantes en France

PosteFourchette usuelleCe qui la fait varier
Quotité financée85 % – 95 %Secteur, qualité du poste clients et ancienneté du contrat. Le solde alimente le fonds de garantie.
Commission d'affacturage0,3 % – 2,5 % du CA confiéChiffre d'affaires, nombre de factures, montant moyen et étendue de la gestion du poste clients.
Commission de financementEuribor 3 mois + 1,5 % – 4 %Votre solidité et le comportement de paiement de vos clients. Décomptée au jour près.
Fonds de garantie5 % – 15 %Constitué progressivement et restitué en fin de contrat, sous réserve des impayés.
Délai de recours60 – 120 joursLe plus souvent calculé à partir de l'échéance — à vérifier dans le contrat.
Limite de concentration20 % – 30 % par débiteurDiversification du poste clients. Première cause de baisse inattendue du disponible.

Fourchettes de marché pour vérifier la cohérence d'une proposition, et non une offre. Seuls votre contrat d'affacturage et le relevé de votre factor font foi.

Affacturage, cession Dailly et découvert

AffacturageCession DaillyDécouvert
Mécanisme juridiquesubrogation, cession de la créancecession à titre de garantie (loi Dailly)autorisation de découvert
Risque d'impayépeut être pris par le factorreste à votre chargereste à votre charge
Recouvrementsouvent assuré par le factorvous le conservezvous le conservez
Volume disponiblecroît avec le chiffre d'affairesplafonné par la ligne bancaireligne fixe à renégocier
Coût affichédeux commissions + fonds de garantieintérêts + commission de bordereauintérêts + commission du plus fort découvert
Confidentialitépossible en affacturage confidentielnotification possible au débiteursans objet

Questions fréquentes sur l'affacturage

Combien coûte l'affacturage en France ?

Comptez une commission d'affacturage de 0,3 % à 2,5 % du chiffre d'affaires confié, plus une commission de financement d'environ Euribor 3 mois majoré de 1,5 % à 4 % sur les sommes avancées. Sur une facture de 50 000 € réglée à 60 jours, le coût total se situe fréquemment entre 600 € et 1 300 €, soit environ 1,2 % à 2,6 % de la facture ou de 8 % à 16 % par an.

Qu'est-ce que la quotité financée ?

C'est la part de la facture versée immédiatement, généralement de 85 % à 95 %. Le solde alimente le fonds de garantie, restitué en fin de contrat. Une quotité élevée suppose un poste clients diversifié et de bonne qualité ; les contrats récents démarrent souvent plus bas.

À quoi sert le fonds de garantie ?

C'est une retenue de 5 % à 15 % que le factor constitue progressivement pour couvrir les avoirs, les escomptes, les litiges et les impayés éventuels. Il n'est pas perdu : il vous est restitué à la clôture du contrat, sous réserve des créances impayées. C'est ce qui explique l'écart entre la quotité financée et 100 % du montant remis.

Quelle est la différence entre affacturage et cession Dailly ?

L'affacturage est une cession de créance par subrogation, avec gestion du recouvrement et, en option, garantie contre l'insolvabilité. La cession Dailly est une cession à titre de garantie mise en place par votre banque dans une ligne court terme : elle finance, mais ne recouvre pas et ne garantit pas l'impayé, la banque se retournant vers vous en cas de défaillance.

Que se passe-t-il si mon client paie en retard ?

Vous payez d'abord la commission de financement pour chaque jour supplémentaire. Plus sérieusement, si la facture dépasse le délai de recours — souvent 60 à 120 jours à compter de l'échéance — elle sort de la base de financement. Votre disponible baisse du montant multiplié par la quotité financée et le financement est reprisé, sans qu'aucune opération n'apparaisse.

Pourquoi mon disponible a-t-il baissé sans aucun versement ?

Le plus souvent pour l'une de ces trois raisons : une créance a dépassé le délai de recours et n'est plus éligible, un débiteur a franchi la limite de concentration, ou une facture est passée en litige. Aucune n'engendre d'écriture : la base est simplement recalculée. En saisissant votre balance clients, le simulateur détaille chaque déduction avec son motif.

Qu'est-ce que la limite de concentration ?

C'est le plafond de la part qu'un seul débiteur peut représenter dans la base éligible, généralement de 20 % à 30 %. Si la base éligible est de 100 000 €, la limite de 30 % et qu'un client doit 50 000 €, alors 20 000 € sortent du financement. Elle s'applique après retrait des créances non éligibles.

Mes clients sont-ils informés ?

En affacturage classique oui : la facture porte une mention de subrogation et votre client règle le factor. En affacturage confidentiel non : vous facturez et relancez comme avant, les règlements arrivant sur un compte dédié contrôlé par le factor. Le confidentiel suppose en général une gestion du poste clients solide et une situation financière saine.

L'affacturage permet-il de déconsolider le poste clients ?

Lorsque la cession transfère réellement le risque au factor — affacturage avec garantie et sans recours — la créance peut sortir du bilan, ce qui améliore le BFR affiché et les ratios. Si le risque reste à votre charge, l'opération s'analyse comme un financement et la créance demeure au bilan. L'analyse dépend du contrat : à valider avec votre expert-comptable.

Quels sont les délais de paiement légaux entre professionnels ?

La LME plafonne les délais convenus à 60 jours à compter de la date de facture, ou 45 jours fin de mois si le contrat le prévoit expressément. Un client qui dépasse ces plafonds s'expose à des sanctions, ce qui constitue un argument de relance utile lorsque la créance approche de son délai de recours.

Comment comptabiliser l'affacturage ?

L'usage est d'ouvrir un compte de tiers « factor » : la créance client est soldée, le financement reçu enregistré en trésorerie, les commissions en charges financières et le fonds de garantie maintenu en créance jusqu'à sa restitution. En affacturage avec recours, le financement s'analyse comme une dette. Faites valider le schéma par votre expert-comptable.

L'outil accède-t-il à mon compte bancaire ou à ma comptabilité ?

Non. Aucun compte, aucune connexion bancaire, aucune interface. Vous saisissez vos conditions et vos factures — au clavier ou par import CSV depuis votre comptabilité — et tout est calculé dans le navigateur puis conservé sur votre seul appareil. En affacturage confidentiel, une connexion bancaire n'apporterait rien : le relevé ne montre que des versements globalisés.

Les fourchettes correspondent à la pratique française de l'affacturage en 2026. La France est l'un des deux premiers marchés européens (environ 365 Md€ de créances prises en charge selon les données EUF), avec une forte dispersion des conditions : comparer plusieurs propositions reste presque toujours rentable.

Outils associés