Modèle de dossier de projet artistique (France)

Mis à jour le 9 août 2026

Un dossier de projet artistique en France sert à présenter une oeuvre, une exposition, une résidence, une commande publique, une performance ou une action culturelle à une collectivité, galerie, fondation, mécène ou lieu d’accueil. Il doit être lisible pour un comité de sélection et solide pour préparer une convention.

Cette version française ne copie pas le modèle américain. Elle distingue dossier non contraignant, validation budgétaire et commande; elle remplace le transfert de copyright par des autorisations d’exploitation encadrées par le Code de la propriété intellectuelle.

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DOSSIER DE PROJET ARTISTIQUE

Projet:
Artiste:
Destinataire:
Date:

1. Concept

2. Calendrier et lieu

Le projet est prévu pour . Calendrier:

3. Budget

Budget indicatif ou proposé: . Les parties vérifient TVA, justificatifs et dépenses éligibles avant validation.

4. Droits d’exploitation

Aucun droit moral n’est cédé. Les usages demandés sont:

5. Effet de l’acceptation

Effet choisi: . Les pièces définitives doivent être validées avant production.

Artiste

Date:

Destinataire

Date:

Dossier, offre ou commande

Le même document peut être utilisé pour demander une subvention, répondre à un appel à projets ou proposer une commande. Son effet juridique doit donc être nommé. Si la signature vaut seulement réception du dossier, les parties ne doivent pas la traiter comme une commande ferme. Si elle vaut accord sur prix, calendrier et livrables, les conséquences doivent être écrites.

Le modèle propose un choix entre dossier non contraignant, validation de principe et acceptation formant commande. Cette distinction évite qu’un comité, une mairie ou un lieu culturel engage involontairement des dépenses ou des droits d’exploitation.

Concept, intérêt culturel et livrables

Un bon dossier décrit le propos artistique, le public, le lieu, la médiation, la scénographie, les contraintes techniques, l’accessibilité, la documentation et les livrables. Les financeurs français attendent souvent un budget détaillé, un calendrier, des partenaires et des justificatifs.

La rédaction force donc la séparation entre création, production, installation, communication, ateliers, restitution, conservation et démontage. Cette granularité rend le projet comparable et réduit les malentendus au moment de la convention.

Droits d’auteur et droit moral

Le Code de la propriété intellectuelle reconnaît à l’auteur un droit de propriété incorporelle sur son oeuvre du seul fait de la création. Le droit moral est attaché à la personne, perpétuel, inaliénable et imprescriptible. Un dossier qui cède globalement tous les droits ne convient donc pas au droit français.

La cession ou l’autorisation doit préciser les droits concernés, leur étendue, leur destination, le lieu et la durée. Le modèle distingue exposition, reproduction, presse, réseaux sociaux, archive, catalogue, sponsor et usage pédagogique.

Budget, TVA et justificatifs

Le budget doit isoler honoraires, production, transport, assurance, location, technique, médiation, communication, droits, défraiements, imprévus et TVA. Les aides publiques peuvent limiter certaines dépenses, imposer des logos ou demander des justificatifs précis.

Le modèle évite de promettre un traitement fiscal automatique. Il demande si les montants sont hors taxe, toutes taxes comprises, exonérés, en franchise en base ou soumis à une autre vérification.

Images, données et communication

Un projet artistique produit souvent des photographies, listes de participants, biographies, captations, dossiers de presse et contenus en ligne. Ces éléments peuvent impliquer droit d’auteur, droit à l’image, données personnelles et obligations de sécurité.

Le modèle contient donc un bloc de consentements et de limites: qui peut photographier, dans quel but, pendant combien de temps, avec quelle mention de crédit et quels fichiers seront archivés ou supprimés.

Pourquoi la France impose une logique propre

La culture administrative française privilégie les dossiers complets: budget, note d’intention, calendrier, partenaires, convention, pièces et bilan. Un modèle court qui se contente d’une description créative manque les éléments qui feront foi lors d’un contrôle de subvention ou d’une discussion avec un lieu.

La page cible donc les recherches françaises comme dossier de projet artistique, modèle de projet culturel et dossier de demande de subvention artistique, tout en restant utile pour les artistes indépendants et collectifs.

Preuve, annexes et version finale

En France, la force pratique d’un document vient autant de ses annexes que de son texte principal. Une convention, une décision sociale, une fiche d’actif ou un communiqué doivent conserver la date, la version, les signataires, les pièces jointes et la personne responsable de l’archive. Sans cela, il devient difficile de prouver quel texte a été accepté, quel budget a été validé ou quel actif a réellement été transféré.

La version française prévoit donc des champs de statut et de pièces. Avant signature ou diffusion, vérifiez les noms, numéros d’immatriculation, montants, échéances, pouvoirs, annexes, sources citées, données personnelles et destinataires. Un brouillon transmis par courriel ne doit pas être confondu avec une version signée ou une formalité déposée au guichet unique.

Lorsque le document a une portée fiscale, sociale, artistique, sociétaire ou de données personnelles, conservez aussi la preuve de la revue interne: approbation de direction, avis du conseil, validation du comptable, accord du cocontractant, trace de suppression de données ou preuve de dépôt. Cette discipline transforme le modèle en dossier exploitable, plutôt qu’en fichier isolé.

La langue de preuve compte également. Un document français utilisé avec des partenaires étrangers peut nécessiter une version bilingue, une clause de priorité linguistique, une méthode de notification et un dossier d’annexes identique dans chaque langue. Sans cette organisation, les parties risquent de signer deux textes qui ne disent pas exactement la même chose.

La conservation doit enfin être pensée dès la rédaction. Certaines pièces relèvent des obligations comptables, d’autres des données personnelles ou des secrets d’affaires. Le modèle incite donc à décider qui garde l’original, qui reçoit une copie, combien de temps les données restent accessibles, comment les supports sont protégés et qui peut autoriser une suppression ou une restitution.

Cette approche est volontairement plus dense qu’un formulaire de téléchargement. Elle reflète la pratique française: un document utile doit pouvoir être relié à une décision, à une pièce, à une source légale, à une personne responsable et à un calendrier de conservation. C’est ce qui permet ensuite de répondre à un associé, un cocontractant, un salarié, un financeur, un auditeur ou une autorité.

Avant diffusion, une dernière revue doit aussi supprimer les champs inutiles et les options non retenues. Un modèle qui garde plusieurs alternatives contradictoires, des montants provisoires ou des données non nécessaires affaiblit la preuve. La version finale doit donc être nette, datée, archivée et accompagnée uniquement des annexes effectivement applicables.

Si une formalité officielle suit le document, notez séparément la personne chargée du dépôt, le délai, le canal utilisé, le reçu attendu et le lieu d’archivage. Le modèle prépare l’acte; il ne remplace jamais la formalité elle-même.

Guide clause par clause

Statut du dossier
Indique si le document est une présentation, un accord de principe ou une commande.
Concept artistique
Décrit intention, public, lieu, méthode et livrables.
Budget
Sépare honoraires, production, TVA, justificatifs et dépenses exclues.
Calendrier
Fixe production, installation, exposition, restitution et démontage.
Droits d’exploitation
Limite reproduction, presse, archive, réseaux sociaux et catalogue.
Droit moral
Protège attribution, intégrité de l’oeuvre et mentions de crédit.
Données et images
Encadre participants, portraits, captations et listes de diffusion.
Acceptation
Précise ce que la signature déclenche et quelles pièces restent à produire.

Liste de contrôle française

  • Ne pas céder globalement le droit d’auteur

    Le droit de propriété incorporelle naît du seul fait de la création et doit être encadré par des droits d’exploitation identifiés.

    Code de la propriété intellectuelle, article L111-1
  • Respecter le droit moral

    Le droit moral est perpétuel, inaliénable et imprescriptible.

    Code de la propriété intellectuelle, article L121-1
  • Décrire chaque droit cédé

    La transmission doit mentionner distinctement chaque droit et préciser domaine, étendue, destination, lieu et durée.

    Code de la propriété intellectuelle, article L131-3
  • Prévoir le droit de suite

    Pour les oeuvres graphiques et plastiques originales, le droit de suite peut jouer lors de reventes professionnelles.

    Code de la propriété intellectuelle, article L122-8
  • Limiter les données personnelles

    Listes, photos et captations doivent avoir un but déterminé, une durée et une sécurité adaptées.

    RGPD, articles 5, 17 et 32
  • Vérifier les conditions du financeur

    Aides publiques, mécénat ou résidence peuvent imposer logos, justificatifs, calendrier et dépenses éligibles.

  • Nommer les autorisations de lieu

    Installation, sécurité, assurance et démontage doivent être réglés avant production.

Comment remplir le dossier

  1. Choisir le statut. Indiquez dossier, accord de principe ou commande.
  2. Décrire le projet. Complétez intention, public, lieu, médiation et livrables.
  3. Construire le budget. Séparez honoraires, production, TVA, justificatifs et imprévus.
  4. Limiter les droits. Définissez chaque usage autorisé: exposition, presse, archive ou réseaux sociaux.
  5. Joindre les pièces. Ajoutez CV, portfolio, devis, calendrier, attestations et conditions du financeur.

Questions fréquentes

Un dossier de projet artistique est-il un contrat?

Pas toujours. Il peut rester une candidature ou devenir une commande si les parties acceptent clairement prix, livrables, calendrier et droits.

Puis-je transférer tout mon droit d’auteur?

Le droit moral n’est pas cessible et les droits patrimoniaux doivent être détaillés. Une formule générale est dangereuse.

Faut-il parler de TVA?

Oui, car un budget ambigu peut changer le coût réel du projet. Le modèle demande la base fiscale sans donner de conseil fiscal.

Les photos du projet sont-elles libres?

Non. Les usages doivent être autorisés et les personnes représentées peuvent avoir des droits distincts.

Le droit de suite concerne-t-il le dossier?

Il peut devenir pertinent si le projet donne lieu à des oeuvres originales revendues par des professionnels du marché de l’art.

Que mettre dans les annexes?

Portfolio, devis, calendrier, plans, assurances, conditions de subvention, visuels et autorisations connues.

Pourquoi prévoir le démontage?

Parce que transport, assurance, remise en état et déchets peuvent coûter autant que l’installation.

Pourquoi ce modèle français n’est-il pas une simple traduction?

Parce que les statuts, la liquidation, les droits d’auteur, la TVA, le transfert des salariés, la cession de contrats et la conservation des preuves obéissent à des règles françaises distinctes.

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Avertissement

Ce modèle et ce guide sont fournis uniquement à titre d’information générale. Ils ne constituent pas un conseil juridique, fiscal, social, comptable, notarial, artistique, informatique ou de conformité. Les textes, formulaires, frais, formalités et pratiques de registre peuvent évoluer; vérifiez les sources officielles et demandez un avis adapté avant utilisation.