Convention d'Arbitrage (France)
Mis à jour le 8 août 2026
Une convention d'arbitrage soumet un litige à un tribunal arbitral privé plutôt qu'aux juridictions étatiques. En droit français, l'arbitrage interne est régi par les articles 1442 à 1503 du code de procédure civile, l'arbitrage international par les articles 1504 à 1527, et le code civil encadre à l'article 2061 la validité de la clause compromissoire selon la qualité des parties. Rédiger une convention d'arbitrage française revient donc à composer avec ces deux corps de règles, pas avec un modèle générique.
Ce modèle est construit sur ce fondement. Il remplace un contrat gratuit très répandu qui ne fixe aucun siège, désigne un arbitre unique dans une case vide sans prévoir d'autorité de désignation en cas de désaccord, se contredit sur la répartition des frais, et affirme aux parties qu'elles pourraient malgré tout saisir un tribunal étatique pour des questions de « droits constitutionnels ou civils » — une clause importée d'un contexte américain qui n'a aucune portée en droit français.
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Convention d'Arbitrage
La présente convention d'arbitrage est conclue le entre , , et , (les Parties).
Chaque Partie conclut la présente convention dans le cadre de son activité professionnelle et non en qualité de consommateur au sens de l'article 2061 du Code civil, et chacune a eu la possibilité de se faire assister d'un conseil.
1. Objet du Litige
Tout différend né ou à naître de ou en relation avec le en date du , y compris toute question relative à son existence, sa validité, sa violation ou sa résiliation, sera définitivement tranché par voie d'arbitrage conformément à la présente convention.
2. Siège et Loi Applicable
Le siège de l'arbitrage est . Le droit applicable au contrat principal est . Le siège n'est pas affecté par le lieu où se déroulent effectivement les audiences.
3. Règlement et Constitution du Tribunal Arbitral
L'arbitrage sera régi par le règlement d'arbitrage de la Chambre de Commerce Internationale en vigueur à la date d'introduction de la demande d'arbitrage, incorporé par référence à la présente convention. La Cour internationale d'arbitrage de la CCI procède à la désignation du tribunal arbitral conformément à ce règlement en l'absence d'accord des Parties.
Le tribunal arbitral est composé d'un arbitre unique, désigné d'un commun accord par les Parties ou, à défaut, conformément aux stipulations qui précèdent.
Tout arbitre doit présenter la qualification suivante : . Chaque arbitre doit être et demeurer indépendant et impartial, révéler avant d'accepter sa mission toute circonstance de nature à affecter son indépendance ou son impartialité dans l'esprit des Parties, et poursuivre cette obligation de révélation pendant toute la durée de la procédure.
4. Langue et Déroulement de la Procédure
La langue de la procédure est le . Les audiences peuvent se tenir à ou par visioconférence selon la décision du tribunal arbitral après consultation des Parties. Le tribunal arbitral fixe un calendrier de procédure proportionné au montant du litige et à la complexité des questions en cause.
5. Mesures Provisoires et Concours du Juge
Chaque Partie peut solliciter du tribunal arbitral des mesures provisoires ou conservatoires, et peut également, avant la constitution du tribunal arbitral, solliciter du juge étatique compétent des mesures urgentes ou une assistance pour l'obtention de preuves, sans que cela constitue une renonciation à la présente convention.
6. Frais
Les Parties avancent à parts égales les frais du tribunal arbitral et les frais de l'institution administratrice. Dans sa sentence, le tribunal arbitral peut répartir ces frais, ainsi que les frais de défense raisonnables de chaque Partie, selon ce qu'il estime approprié au regard du résultat et du déroulement de la procédure.
7. Confidentialité
L'existence de l'arbitrage, l'ensemble des mémoires et pièces produits, ainsi que la sentence sont confidentiels. Chaque Partie peut néanmoins les communiquer à ses conseils, experts-comptables et assureurs à titre confidentiel, dans la mesure nécessaire à l'exécution ou à la contestation de la sentence ou à la protection d'un droit, et lorsque la loi, une juridiction ou une autorité de régulation l'exige. Cette obligation survit à la clôture de la procédure.
8. Sentence et Exécution
La sentence est rendue par écrit, motivée, et est définitive et obligatoire pour les Parties. Les Parties conviennent que l'exequatur de la sentence peut être demandé devant le tribunal judiciaire compétent conformément à l'article 1487 du Code de procédure civile. Lorsque la reconnaissance ou l'exécution est recherchée hors de France, les Parties entendent que la sentence soit exécutoire en application de la Convention de New York pour la reconnaissance et l'exécution des sentences arbitrales étrangères.
9. Dispositions Générales
La présente convention survit à la résiliation, à l'expiration ou à l'annulation du contrat principal. Si une stipulation est jugée nulle, les autres dispositions demeurent en vigueur. Les notifications sont adressées par écrit à pour la première Partie et à pour la seconde Partie. La présente convention peut être signée en plusieurs exemplaires et, dans la mesure permise par la loi, par voie électronique.
Première partie
Date:
Seconde partie
Date:
Clause compromissoire ou compromis, et la règle de l'inopposabilité
L'article 1442 du code de procédure civile distingue la clause compromissoire, convenue avant tout litige au sein même du contrat principal, et le compromis, conclu après la naissance du litige pour le soumettre à l'arbitrage. Ce modèle couvre les deux hypothèses et adapte sa rédaction selon le moment de la signature.
L'article 2061 du code civil pose une règle propre au droit français que peu de modèles importés reproduisent correctement : lorsqu'une partie n'a pas contracté dans le cadre de son activité professionnelle, la clause compromissoire ne lui est pas opposable. La sanction n'est pas la nullité de la clause, mais son inopposabilité au non-professionnel — celui-ci conserve le choix entre l'arbitrage et la saisine du juge étatique, tandis que son cocontractant professionnel demeure lié par la clause s'il est le seul à s'en prévaloir.
Ce modèle est rédigé pour un usage entre professionnels et le précise expressément, plutôt que de prétendre lier n'importe quelle partie signataire.
Siège, règlement et désignation du tribunal arbitral
Le siège de l'arbitrage détermine le droit procédural applicable et la juridiction d'appui compétente — en particulier pour la désignation d'un arbitre en cas de désaccord des parties, conformément à l'article 1451 et suivants du code de procédure civile. Le siège se distingue juridiquement du lieu où se déroulent les audiences, qui peuvent se tenir n'importe où, y compris par visioconférence.
Le défaut structurel du modèle qu'il remplace est là : il désigne un arbitre unique dans une case vide, sans institution ni autorité de désignation, si bien que le premier désaccord sur le nom de l'arbitre bloque toute la procédure. La loi prévoit un recours au juge d'appui, mais devoir saisir un tribunal pour simplement faire naître un tribunal arbitral va à l'encontre de l'objectif même de l'arbitrage.
Ce modèle propose l'arbitrage institutionnel — sous l'égide de la Chambre de Commerce Internationale ou d'un centre français reconnu — ou l'arbitrage ad hoc selon le règlement CNUDCI avec une autorité de désignation nommée dans la convention elle-même. Dans les deux cas, la clause contient un mécanisme qui fonctionne sans recours au juge.
Frais, confidentialité et la sentence
Ce modèle impose un choix unique en matière de frais : soit les frais du tribunal arbitral et les frais de défense de chaque partie sont partagés à parts égales quel que soit le résultat, soit le tribunal arbitral en décide dans la sentence. Le modèle qu'il remplace fait les deux à la fois — il permet à l'arbitre d'allouer les frais à la partie gagnante dans une clause, puis fixe la rémunération de l'arbitre comme partagée à parts égales indépendamment du résultat dans la clause suivante.
La confidentialité est rédigée avec des exceptions qui résistent à l'épreuve des faits : divulgation aux conseils, experts-comptables et assureurs à titre confidentiel, divulgation nécessaire à l'exécution ou à la contestation de la sentence, et divulgation exigée par la loi, une juridiction ou une autorité de régulation. Une clause qui impose une confidentialité absolue pendant la procédure puis autorise la communication de la sentence à des tiers non identifiés, comme le fait le modèle remplacé, ne protège personne.
La sentence est écrite et motivée, définitive et obligatoire pour les parties. Les parties conviennent que l'exequatur peut être demandé devant le tribunal judiciaire compétent conformément à l'article 1487 du code de procédure civile. Si la sentence doit être reconnue à l'étranger, la Convention de New York sur la reconnaissance et l'exécution des sentences arbitrales étrangères s'applique, selon le siège convenu.
Guide clause par clause
- Objet du litige
- Couvre les différends nés ou à naître du contrat, y compris les questions relatives à son existence, sa validité et sa résiliation.
- Qualité des parties
- Confirme que les parties contractent dans le cadre de leur activité professionnelle, conformément à l'article 2061 du code civil.
- Siège de l'arbitrage
- Fixe le siège, distinct du lieu des audiences, qui détermine le droit procédural applicable et le juge d'appui compétent.
- Règlement et autorité de désignation
- Arbitrage institutionnel avec mécanisme de désignation intégré, ou arbitrage ad hoc avec autorité de désignation nommée.
- Nombre et qualification des arbitres
- Un ou trois arbitres, qualification requise, et le mécanisme de secours en l'absence de désignation.
- Indépendance et récusation
- Obligation continue de révélation de toute circonstance de nature à affecter l'indépendance ou l'impartialité, avec une voie de récusation.
- Langue et mesures provisoires
- Fixe la langue de la procédure et préserve le recours au juge étatique pour des mesures urgentes sans emporter renonciation à l'arbitrage.
- Frais
- Une règle unique — partage à parts égales ou allocation par le tribunal arbitral — plutôt que les deux clauses contradictoires du modèle remplacé.
- Confidentialité et sentence
- Protège la procédure et la sentence avec des exceptions praticables, et prévoit une sentence motivée exécutoire en France et à l'étranger.
Points de vigilance juridique
Vérifiez ces points avant signature.
Distinguer clause compromissoire et compromis
La clause compromissoire est convenue avant la naissance du litige ; le compromis est conclu après. Le régime applicable dépend du moment de la signature.
Article 1442 du code de procédure civileVérifier la qualité des parties avant de se prévaloir de la clause
Lorsqu'une partie n'a pas contracté dans le cadre de son activité professionnelle, la clause compromissoire ne lui est pas opposable ; elle conserve le choix entre l'arbitrage et la juridiction étatique.
Article 2061 du code civilDésigner le siège et une autorité de désignation
Sans siège, aucune juridiction d'appui n'est identifiée ; sans autorité de désignation, un désaccord sur l'arbitre unique bloque la procédure jusqu'à saisine du juge d'appui.
Ne pas écarter les litiges du travail par une clause générale
Les litiges relatifs au contrat de travail relèvent de la compétence du conseil de prud'hommes ; une clause compromissoire générale ne les fait pas basculer automatiquement vers l'arbitrage.
Prévoir l'exequatur
Une sentence rendue en France peut être revêtue de l'exequatur par le tribunal judiciaire compétent ; son exécution à l'étranger relève en général de la Convention de New York, selon le siège convenu.
Convention de New York pour la reconnaissance et l'exécution des sentences arbitrales étrangères
Comment compléter cette convention d'arbitrage
- Identifier les parties et le contrat. Indiquer les deux parties et le contrat auquel se rattache la convention, ou décrire le litige déjà né.
- Fixer le siège et la loi applicable. Indiquer le siège de l'arbitrage et, séparément, le droit applicable au contrat principal.
- Choisir le règlement et la désignation. Sélectionner un règlement institutionnel ou un arbitrage ad hoc avec une autorité de désignation, puis fixer le nombre d'arbitres.
- Définir la règle de frais et les exceptions. Choisir la règle de répartition des frais et activer les exceptions de mesures provisoires ou de litiges de faible montant si souhaité.
- Vérifier et signer. Vérifier la langue, le lieu des audiences et les adresses de notification, puis télécharger le document en DOCX ou PDF et le conserver avec le contrat principal.
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre une clause compromissoire et un compromis ?
La clause compromissoire est convenue à l'avance, au sein du contrat principal, pour tout litige futur. Le compromis est conclu après la naissance d'un litige déjà identifié, pour le soumettre spécifiquement à l'arbitrage. Ce modèle couvre les deux cas et adapte sa rédaction selon la situation choisie.
Une clause compromissoire est-elle opposable à un particulier ?
Non, en principe. Lorsqu'une partie n'a pas contracté dans le cadre de son activité professionnelle, l'article 2061 du code civil rend la clause inopposable à cette partie, qui conserve le choix entre l'arbitrage et la juridiction étatique. Ce modèle est rédigé pour un usage entre professionnels et le précise expressément.
Quelle est la différence entre le siège et le lieu des audiences ?
Le siège est le rattachement juridique de l'arbitrage : il détermine le droit procédural applicable et la juridiction d'appui compétente. Le lieu des audiences est purement logistique et peut être fixé n'importe où, y compris par visioconférence, sans affecter le siège.
Faut-il recourir à une institution d'arbitrage ?
Non, mais l'arbitrage ad hoc doit alors prévoir lui-même un règlement, généralement celui de la CNUDCI, et désigner une autorité de désignation. Sans cela, un désaccord sur le nom de l'arbitre unique impose de saisir le juge d'appui.
Un ou trois arbitres ?
Un arbitre convient à la plupart des litiges commerciaux, plus rapide et moins coûteux. Trois arbitres conviennent aux litiges de montant élevé ou de grande complexité technique, chaque partie désignant un arbitre et les deux arbitres désignés choisissant le président.
La sentence arbitrale est-elle définitive ?
En substance, oui. Les recours contre une sentence sont limités aux cas prévus par le code de procédure civile et ne portent pas sur le bien-fondé du litige. Les parties conviennent également que l'exequatur peut être demandé devant le tribunal judiciaire compétent.
Peut-on prévoir un délai fixe pour la sentence ?
Mieux vaut éviter. Un délai rigide inscrit dans la convention paraît efficace mais donne à la partie perdante un moyen de contester la sentence pour dépassement du délai. Ce modèle laisse le tribunal arbitral fixer un calendrier proportionné après avoir entendu les parties.
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Avertissement
Ce modèle et ce guide sont fournis à titre d'information générale uniquement et ne constituent pas un conseil juridique. Ils n'ont pas été relus par un avocat. Ce modèle est rédigé pour un usage entre professionnels ; consultez un avocat avant de l'utiliser avec un consommateur ou un salarié.


